Biographie
Fils d'un banquier berlinois aisé, juif dont la famille, qui s'était convertie au christianisme, était devenue un foyer intellectuel et artistique réputé, que fréquenteront, entre autres
Hegel et son premier maître de musique, Zelter, il se fait remarquer très jeune pour sa précocité, notamment par
Goethe chez qui il joue. Il dirige à quinze ans son premier opéra. Son professeur, le compositeur
Ignaz Moscheles, avoue ne pas avoir grand chose à lui apprendre tant il est doué. À seize ans, il a déjà composé ses douze symphonies pour orchestre à cordes, sa première symphonie, un octuor à cordes, ainsi que cinq concertos pour violon ou pour piano. Il joue avec sa sœur aînée
Fanny Mendelssohn, également virtuose du piano, dont il restera très proche tout au long de sa vie.
Directeur musical du
Gewandhaus de Leipzig dès
1835, il est appelé dans les
années 1840 à
Berlin par le roi de
Prusse Frédéric-Guillaume IV afin de réorganiser la vie musicale de la cité. Il devient alors le compositeur
européen le plus célèbre de son époque, notamment en
Angleterre. À
Leipzig, dans les années 1840, il se lie d'amitié avec le compositeur
Robert Schumann qui voit en lui le «
Mozart du ». Il encourage d'autres compositeurs, tels
Joseph Joachim Raff ou
Niels Wilhelm Gade.
Parmi ses œuvres les plus célèbres on peut citer le Songe d'une nuit d'été, le sublime concerto pour violon en mi mineur op.64, les symphonies n°1, n°3 dite "l'Ecossaise" (en fait la 5ème dans l'ordre de composition), et n°4 "l'Italienne" (3ème dans l'ordre de composition), ainsi que quelques unes de ses 64 romances sans paroles pour piano. Malheureusement la connaissance de Mendelssohn se limite bien souvent a ces œuvres, alors qu'il a composé nombres d'autres chef-d'œuvre ou du moins d'oeuvres d'une très grande beauté. parmi celles-ci, on trouve les variations sérieuses pour piano op.54. Véritable chef d'œuvre de l'œuvre pianistique du , dans laquelle tout le génie de Mendelssohn s'exprime. Autres œuvres maitresses de Mendelssohn sont les deux trios avec piano op.49 en ré mineur et op.66 en ut mineur. Si la réputation du premier trio n'est plus à faire, en revanche le deuxième trio reste assez méconnue du grand public, alors qu'il est aussi beau, si ce n'est plus que l'opus 49, avec son premier mouvement d'une grande intensité dramatique, son scherzo endiablé typiquement mendelssohnien, et son final incluant un choral, à l'instar de la 5 symphonie, "la Réformation". Ces deux trios pour piano s'inscrivent entre ceux de Schubert (et le magnifique op.100!) et ceux de Brahms, on y retrouve les mêmes sonorités que dans le concerto pour violon, celle d'un Mendelssohn au sommet de son art, plus profond, plus romantique, magnifique synthèse des acquits classiques et du romantisme allemand. Enfin, on peut aussi citer l'octuor à cordes op.20 œuvre composée à 16 ans, mais reflétant déjà une grande maturité, les 7 quatuors à cordes, et plus particulièrement les très beaux quatuor op.44 (3 quatuors) et op.80, les deux concertos pour piano et grand orchestre op.25 et op.40, les sonates pour violon et violoncelle...
Mendelssohn était considéré de son vivant comme le plus grand compositeur européen, et son grand ami Robert Schumann lui vouait une admiration sans bornes. Il est sans aucun doute l'un des plus grand génie musical, aussi bien en tant que compositeur, que pianiste (c'était un formidable enfant prodige, à l'égal de Mozart et Saint-Saëns) et que chef d'orchestre, du .
Le style musical de Mendelssohn, à la fois lyrique et très travaillé sur le plan formel (avec l'utilisation fréquente d'
ostinato), cédant plus tard la place à l'emploi de dissonances et de contrastes incisifs, fait de lui l'un des compositeurs essentiels du . Ses sonorité orchestrale sont toujours très colorées et raffinées, et il était devenu le maître du scherzo toujours d'une grande vivacité (octuor, quatuors, trios, songe d'une nuit d'été, finals des concertos...).
On lui doit les redécouvertes de la passion selon Saint Matthieu de
Bach, de
Haendel et de la 9ème symphonie de Schubert "la Grande" dont il dirigea la 1ère exécution au Gewandhaus de Leipzig en 1839. Ses détracteurs lui reprochent parfois d'écrire une musique parfaitement correcte et policée, visant avant tout à rester dans le domaine du convenable, en évitant toute prise de risque. Son exemple n'en atteindra pas moins cependant une rare élégance, tant dans la reconnaissance des talents d'autrui, que dans l'extrême finesse de son style, obtenue par des moyens d'une grande sobriété.
Œuvres principales
Symphonies
- Douze Symphonies pour orchestre à cordes (1821-1825)
- Symphonie nº 1 en ut mineur, op. 11 (1824)
- ''Symphonie nº 2 en si bémol majeur , op. 52 (1840)
- Symphonie nº 3 en la mineur , op. 56 (1842)
- Symphonie nº 4 en la majeur , op. 90 (1833)
- Symphonie nº 5 en ré majeur , op. 107 (1832)
Concertos
- Concerto pour piano et cordes en la mineur (1822)
- Concerto pour violon et cordes nº 1 en ré mineur (1822)
- Concerto nº 2 pour violon et orchestre en mi mineur, op. 64 (1844)
- Concerto pour deux pianos en mi majeur (1823)
- Concerto pour piano, violon et cordes en ré mineur (1823)
- Concerto pour deux pianos en la bémol majeur (1824)
- Concerto pour piano nº 1, op. 25 (1831)
- Concerto pour piano nº 2, op. 40 (1837)
Autres œuvres symphoniques
- Le Songe d’une nuit d’été, ouverture, op. 21 (1826), et musique de scène, op. 61 (1843)
- Ouverture Les Hébrides, op. 26 (1830 - 1832)
- Ouverture Mer calme et heureux voyage, op.27 (1828)
- Ouverture La Belle Mélusine, op. 32 (1834)
- Ouverture Ruy Blas, op. 95 (1839)
Oratorios
- Paulus, op. 36 (1834-1836)
- Elias, op. 70 (1845-1847)
Musique religieuse
- Psaume 42, op. 42, Wie der Hirsch schreit.
- Lass o Herr, op. 98.
- Ave Maria, op. 23.2, pour chœur mixte à 8 voix et solistes SSAATTBB.
- Lauda Sion, op. 73. Séquence de la solennité du Corps et du Sang du Christ, sur le texte de saint Thomas d'Aquin. Parfois surnommé l'Elias latin, car composé en même temps que l'oratorio.
- Verleih und Frieden gnädiglich, sur un texte de Luther.
Musique de chambre
- Octuor à cordes en mi bémol majeur, op. 20 (1825)
- Quintette pour cordes n° 1 en la maeur, op. 18
- Quintette pour cordes n° 2 en si b majeur, op. 67
- Quatuors à cordes (1827 - 1847)
- Quatuor en la mineur op. 13
- Quatuor en mi bémol majeur op. 12
- Quatuor en ré majeur op. 44 n° 1
- Quatuor en mi mineur op. 44 n° 2
- Quatuor en mi bémol majeur op. 44 n° 3
- Quatuor en fa mineur op. 80
- Trio pour piano n° 1 en ré mineur, op. 49
- Trio pour piano n° 2 en do mineur, op. 66
- Sonate pour violoncelle et piano n° 1 en si b majeur, op. 45
- Sonate pour violoncelle et piano n° 2 en ré majeur, op. 58
- Sonate pour violon et piano en fa mineur et fa majeur, op. 4
Piano
- Sonates (1821, 1826, 1827)
- Romances sans paroles pour piano (1829 - 1845), dont le fameux Chant du printemps
- Variations sérieuses, op. 54 (1841)
Orgue
- Prélude et fugue, en do mineur op. 37/1
- Prélude et fugue, en ré mineur op. 37/3
- Prélude et fugue, en sol majeur op. 37/2
- Petites pièces (6) pour orgue op. S52
- Fantaisie, en sol mineur op. S53
- Wie gross ist des Allmacht'gen Gute, chorale-prélude et 3 variations op. S54
- Petites pièces (2) pour orgue op. S55
- Fugue, en mi mineur op. S56
- Fugue, en fa mineur op. S57
- Prélude, en do mineur op. S58
- Petites pièces (4) pour orgue op. S59
- Pièces (2) pour orgue op. S60
- Choral, en la bémol majeur op. S61
- Allegro, en si majeur op. S62
- Andante alla marcia, en si majeur op. S63
- Andante sostenuto, en ré majeur op. S64
- Sonate n°1, en fa mineur/fa majeur op. 65/1
- Sonate n°2, en do mineur/do majeur op. 65/2
- Sonate n°3, en la majeur op. 65/3
- Sonate n°4, en si bémol majeur op. 65/4
- Sonate n°5, en ré majeur op. 65/5
- Sonate n°6, en ré mineur/ré majeur op. 65/6
- Fugue, en si majeur op. S65
- Choral, en ré majeur op. S66
Discographie sélective
- Intégrale des symphonies pour cordes, par le Concerto Köln, chez Teldec
- Intégrale des grandes symphonies et des ouvertures, par le LSO dirigé par Claudio Abbado, chez DG
- Intégrale pour quatuor à cordes, par l'Artis Quartett (Vienne), chez Accord (Diapason d'Or)
- Concertos (nos 1 et 2) pour piano par Rudolf Serkin et Eugene Ormandy, chez Sony
- Concerto pour violon opus 64, par Isaac Stern, chez Sony
- Le Songe d'une nuit d'été par Otto Klemperer, chez EMI
- Paulus, par Philippe Herreweghe, chez HM
- Elias, par Wolfgang Sawallisch, chez EMI
- Romances sans paroles, par Daniel Barenboïm, chez DG
- Intégrale de l'œuvre pour orgue, par Jean-Baptiste Robin, chez Triton
- Œuvres pour piano, par Nikita Magaloff, chez Universal Music
Emprunts
Remarquons qu'on lui doit la très célèbre
marche nuptiale, extraite de la musique de scène du
Songe d'une nuit d'été, aujourd'hui jouée à un grand nombre de
mariages.
Jean-Paul Civeyrac dans son film
Toutes ces belles promesses (
prix Jean-Vigo 2003) a utilisé plusieurs œuvres de Félix Mendelssohn. La musique joue un grand rôle dans ce film qui raconte la vie d'une
violoncelliste. Notons aussi l'utilisation du premier mouvement du concerto pour violon dans
Les Visiteurs, film de
Jean-Marie Poiré.
Liens externes